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Appel pour la réalisation du catalogue raisonné de

MARTINE DOYTIER (1947-1984)

Aidez-nous à retrouver ses œuvres

Le catalogue raisonné d’un·e artiste constitue l’inventaire complet de sa production artistique. Il est un document de référence indispensable à la bonne connaissance de l'artiste. Il reproduit les œuvres, les décrit, indique leur localisation et mentionne – avec l’accord de leurs propriétaires – l’appartenance aux collections, privées ou publiques.
Martine Doytier (1947-1984) a travaillé entre 1971 et 1984. Son moyen d'expression principal a été la peinture mais elle a également réalisé une sculpture animée, une gravure, des oeuvres en terre cuite et de nombreux dessins. Son œuvre est peu documentée et, après son décès, n'a pas donné lieu à d'importantes expositions. Ses collectionneurs sont rarement identifiés et son travail d’artiste est encore trop mal connu.
Réaliser son catalogue raisonné avec la rigueur scientifique nécessaire contribuerait à commenter et enrichir la connaissance et la compréhension de l’œuvre. Mais, pour cela, il nous faut d’abord réunir de nombreuses informations.
Un appel est donc lancé à tous ceux qui détiendraient des documents ou des informations permettant de retrouver les œuvres de cette artiste. Sur les nombreuses dizaines de tableaux peints par Martine Doytier, seule une quarantaine est actuellement connue et identifiée et environ la moitié d'entre-eux sont localisés.
Aidez-nous à mieux faire connaître cette artiste dont le travail a fasciné tous ceux qui l’ont approchée ! Si ses trois dernières œuvres sont à présent intégrées à la collection des Musées de la Ville de Nice grâce à la Donation Ferrero, il est important qu’une large exposition les complète par des œuvres de différentes époques, par leurs études et leurs croquis préparatoires.
Nous comptons donc sur vous, votre contribution est essentielle pour réunir cette matière. Vous pouvez également nous aider en participant à la diffusion de ce message et de cet appel.
Toute information ou demande de renseignements est à adresser à :

catalogue.martinedoytier@gmail.com

+33 6 08 91 56 24
D'avance, nous vous remercions pour l'aide inestimable que vous allez peut-être nous apporter ! Bien sûr, si vous le désirez, c'est avec grand plaisir que nous vous tiendrons informé·e·s de l'avancement du travail en cours ainsi que des futures expositions des œuvres de Martine Doytier.
Et si vous voulez en savoir plus sur Martine Doytier :

Voici un compte Instagram qui réunit ses œuvres connues à ce jour

Biographie succincte de Martine Doytier

Martine Doytier est née à Clichy en 1947. C'est à l’âge de vingt ans qu'elle décide de s’installer à Nice et de se consacrer à la peinture. Autodidacte artistique mais douée d’un grand talent de dessinatrice et de coloriste, ses toutes premières peintures sont aussitôt le reflet d’un univers mental et narratif riche, surprenant et souvent décalé.
Sa première exposition a lieu en 1971 à Flayosc, dans le Var. Elle est organisée par Frédéric Altmann qui sera son marchand pendant plusieurs années et, immédiatement, elle rencontre un grand succès. Chacune des dix-huit peintures qu’elle y présente raconte une histoire à l’humour corrosif. Ses personnages au corps enfantin intriguent et, tels de mimétiques poupées, leur regard invariablement noir renvoie à la profondeur de celui de l’artiste.
C’est bien souvent d’elle-même dont Martine Doytier traite dans ses tableaux, mais elle propose aussi une lecture de ceux qui l'entourent et qu’elle sait saisir d’une manière à la fois acide et tendre. Les visages de celles et ceux qu'elle peint font presque toujours face au spectateur et tous questionnent et dévoilent un peu de leur drame intime en grimaçant parfois un maigre sourire. En 1969 est né son petit garçon prénommé Brice. Il sera très souvent présent dans ses tableaux : faisant de la trottinette, en visite au zoo, en spectateur chez le tondeur de chiens, en danseur de Carnaval ou en tenue de judoka, parfois avec son petit chien Mec-Mec ou avec sa grande chienne Urane.
Le monde pictural que propose Martine Doytier est précis, fouillé, net et sans appel. Au fur et à mesure que les années passent et que les expositions se succèdent, sa technique s’affirme et se développe jusqu’à l’étonnement. Le succès est toujours au rendez-vous et toutes les œuvres, sans exception aucune, sont acquises aussitôt peintes par des collectionneurs empressés.
« Le Facteur Cheval », un tableau dont l’exécution semble tenir de la prouesse - tout comme le Palais de celui dont il traite - lui valut de remporter le Prix de la Fondation de la Vocation en 1978. Lauréate du Prix, elle est reçue à l’Élysée par le Président de la République et sa reconnaissance va grandissante, même si elle reste souvent circonscrite à la région où elle vit.
À Nice, le tout jeune Musée de Préhistoire de Terra-Amata lui commande un tableau pour en faire son affiche et la couverture de son catalogue, puis c’est le Carnaval de Nice qui lui donne toute liberté pour réaliser son affiche officielle de l’année 1981, une affiche qui sera reprise pour le Centenaire du Carnaval, en 1984. L'année précédente, en 1983, pour célébrer un autre centenaire, celui des Transports Urbains niçois (TN), la Ville de Nice lui avait demandé de peindre un autobus urbain. Par une fausse déchirure peinte, Martine Doytier révèle avec humour des entrailles mécaniques improbables. Cet autobus a longtemps circulé dans les rues de la ville et, à présent, il fait partie de la collection de l'Écomusée du Haut-Pays et des Transports de Breil-sur-Roya où il est conservé en parfait état.
Au début des années quatre-vingt, Martine Doytier est une artiste reconnue. Elle peut s’offrir le luxe de mettre des mois à peindre un seul tableau sans contrainte aucune. Depuis ses débuts, elle n’avait jamais eu à se préoccuper de la vente de ses œuvres mais, à partir de 1978, elle bénéficie du soutien matériel d’un véritable mécène : le galeriste Jean Ferrero, plus connu pour son grand talent à faire des affaires avec les artistes. Pourtant, avec Martine Doytier, à qui il achète quasiment toute la production entre 1978 et 1984, il ne revendra jamais ses œuvres et ne gagnera donc jamais d’argent. Ce n'est pas son but et il le prouvera plus tard en faisant donation à la Ville de Nice de toutes les œuvres de Martine Doytier qu'il a acquises.
Ses dernières années sont caractérisées par la réalisation de rares œuvres dans lesquelles Martine Doytier s’investit totalement. Si la prouesse peut sembler technique, cela compte finalement assez peu pour elle. Bien sûr, les grandes toiles sont peintes avec de minuscules pinceaux d’enlumineur et la surface de l’œuvre est si pleine que le regard s’y perd, mais c’est autre chose qu’elle recherche. Ce qui la passionne, c'est l’immersion totale, la plongée dans l’infini du sujet et le caractère inachevable de sa façon nouvelle d’aborder la peinture. Son « Autoportrait », triptyque monumental peint entre 1982 et 1984, témoigne de la façon qu’elle a de parfaire chaque millimètre carré peint alors que le vide alentour en paraît d’autant plus immense et inquiétant.
C'est un peu de ce vide qui engloutit l’artiste un triste jour de l’année 1984. Car, malheureusement, au plus haut de sa gloire d’artiste, au plus fort de son appréhension humaine des œuvres qu'elle produit avec acharnement, Martine Doytier choisit de tout arrêter et décide de mettre fin à ses jours, un geste qu'elle mis en scène avec le même panache et la même maîtrise qui ont caractérisé chacun des moments de sa vie.
C’était un 16 février. Une œuvre s’arrête trop tôt. Une artiste disparait trop vite.
Depuis ce sombre jour, bien peu a été fait pour Martine Doytier et pour son œuvre. Les Musées de Nice présentent régulièrement ses œuvres de la Donation Ferrero et le petit Jardin Martine Doytier fait face à l’entrée de l’École d’Art de la Villa Arson, sur les hauteurs de la ville de Nice.
Il est donc temps d’aller plus loin. Il est temps, par exemple, de réunir toute l’œuvre de Martine Doytier en un catalogue raisonné, de la commenter et de la critiquer. Il est temps d’écrire la biographie de cette artiste hors normes et de tenter ainsi de mieux saisir pourquoi sa peinture a toujours fasciné. Et il est temps d’exposer avec générosité cette peinture, de la confronter à d’autres histoires et de lui proposer de nouvelles rencontres.
C’est ce qui est entrepris aujourd’hui et, tout d’abord, c'est la recherche des informations nécessaires à la localisation de toutes les œuvres peintes entre 1971 et 1984 qui est engagée. Une petite partie est déjà identifiée mais beaucoup restent encore à découvrir. Il nous faut recueillir les témoignages de celles et ceux qui ont connu Martine Doytier et dont les souvenirs sont importants pour écrire la véritable histoire de cette artiste de façon la plus documentée et pertinente possible afin d’éclairer à la fois son œuvre et sa vie si riche et engagée.
Une publication, livre ou catalogue, complètera l’exposition des œuvres et des documents, tous inédits, qui ont aidé à la préparation des œuvres et qui en enrichiront la compréhension : croquis, dessins, notes manuscrites, documents de référence, photographies des états en cours, objets, etc.
Avec Alain Amiel, auteur et éditeur, Bertrand Roussel, directeur des musées d'Archéologie de Nice, et tous ceux qui nous rejoignent en adhérant à l'association Les Ami.es de Martine Doytier, nous allons faire en sorte de donner à cette œuvre la place qu’elle mérite dans l’Histoire de l’Art.
Vous allez donc entendre parler des « Ami.es de Martine Doytier » !
Mais, surtout, vous aller entendre parler de Martine Doytier !
Marc Sanchez
septembre 2020

Pour en savoir plus sur « Les Ami.es de Martine Doytier »
ou pour adhérer à l'association,
cliquez ici


Espace presse

> Documents presse à télécharger :
- Communiqué de presse en pdf (contenu identique à cette page)
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> Photographies sur demande à :
- catalogue.martinedoytier@gmail.com
- +33 6 08 91 56 24

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Martine Doytier en 1977. Photo DR.
Martine Doytier, Éléphants à l'Abbaye
de Roseland
, 1983, huile sur toile.
Collection privée, Nice.
Martine Doytier, Autoportrait,
1980-1984, huile sur toile, détail.
Martine Doytier lors de son exposition
à la galerie L'Art Marginal à Nice,
20 février 1977. Photo DR.
Martine Doytier au travail en 1976.
Photo Marc Sanchez.
Martine Doytier lors de la remise
des Prix de la Fondation de la Vocation,
Paris, 6 décembre 1977. Photo DR.
Martine Doytier et le tableau utilisé
pour réaliser l'affiche du Carnaval de Nice en 1981. Photo DR.