Les Naturistes
1971

Martine Doytier, « Les Naturistes », 1971, huile sur toile, 100 x 73 cm.
Collection privée, Rescaldina (Italie). Inv. MD15.

Réalisée dans un esprit proche d’Eloy Horticulteur, la peinture Les Naturistes est une nouvelle preuve de l’humour que Martine introduit à présent dans ses sujets. Un humour grinçant, pince-sans-rire et qui lui permet de s’amuser tout en peignant.

En 1980, lors d’un entretien réalisé pour un article, elle dira le plaisir qu’elle avait eu à peindre ces tableaux. En effet, ses œuvres de première jeunesse, faites sous le contrôle de son père peintre du dimanche un peu autoritaire, étaient très formatées et ennuyeuses en comparaison de la liberté et du plaisir qu’elle trouve à peindre librement en 1971. « Je peux enfin peindre ce que je veux, des gens qui rigolent ou des personnages qui montrent leur cul » avait-elle déclaré. Les Naturistes en donne bien la preuve !

Pourtant, monsieur le maire reste très digne bien qu’ayant pour tout vêtement un haut-de-forme et sa seule écharpe tricolore. Le marié, lui, n’est vêtu que d’un faux-col cassé orné de son nœud papillon. La mariée est plus chaste et, si sa poitrine est découverte, elle baisse son regard et cache pudiquement son entrejambe avec son voile.

Dans Les Naturistes, les corps sont dodus et roses, les chevelures des filles sont fleuries et les yeux tout ronds et noirs. Le dessin des visages est précis et leur expression est sensible et pensive. Mais, si l’on est attentif, on s’aperçoit qu’une autre histoire se cache dans ce tableau. Une pomme rouge est à portée de main de la mariée et que fait là ce serpent enroulé autour de l’arbre ?

Leur présence propose alors une autre version du Paradis terrestre, le premier tableau de Martine, qui nous laisse libres d’imaginer la réponse à cette question : quelles seront les conséquences de ce mariage naturiste si le serpent propose la pomme à la mariée et si elle accepte de la croquer ?