Mariage à la campagne
1973

Martine Doytier, « Mariage à la campagne », 1973, huile sur toile, 73 x 54 cm.
Collection Brice Delacquis Doytier, Nice. Inv. MD19

Le Mariage à la campagne nous entraîne au cœur d’une fête paysanne en plein air sous un ciel gris d’hiver. Au premier plan, les époux en belle tenue sont fraîchement mariés et, si leurs regards sont pensifs, derrière eux la fête bat son plein.

Au son du violon, la mariée à la coiffe fleurie et bouquet à la main, ouvre sagement le cortège au bras de son mari. Derrière eux, leurs parents sont tristes du départ de leurs enfants. La mère de la mariée essuie une larme, son père a les yeux baissés et, derrière eux, les parents du marié sont en grande discussion, essayant peut-être de se consoler.

Le reste de l’assemblée fête l’événement dans l’allégresse. On y danse le Rigaudon en se tenant par la main ou par la taille, dans la grande tradition provençale. Les couples virevoltent et Martine prend plaisir à les saisir en plein mouvement, jambes croisées, bras levés, robes et tabliers flottant au vent. Déjà, devant l’église à l’arrière-plan, un second mariage se prépare et les invités attendent d’entrer dans les lieux.

En regardant ce tableau, on ne peut s’empêcher de penser aux peintures de fêtes de mariages peints par les Brueghel au XVIe siècle. L’atmosphère générale du village en fond et le camaïeu des teintes employées pourrait également faire penser à celui du tableau La Trappe aux oiseaux peint par Pieter Brueghel l’Ancien en 1565. Quatre siècles plus tard, Martine retrouve un peu de cet esprit hollandais et hivernal dans son Mariage et de cette verve satirique et grinçante dont elle aimait également nourrir ses œuvres.