L'Automate
1975

Martine Doytier, « L’Automate », 1975, huile sur panneau Isorel, 22 x 14 cm.
Collection Brice Delacquis Doytier, Nice. MD49.

Ce petit tableau non terminé est intéressant à plusieurs titres. Il montre comment peint Martine Doytier car sa méthode est très particulière. Tout d’abord, on remarque que son dessin préparatoire est extrêmement sommaire, voire inexistant. Ensuite, chaque partie peinte est achevée et Martine ne reviendra plus dessus. Son tableau se construit donc en gagnant du terrain peu à peu, comme un puzzle qui avance pièce après pièce.

L’Automate montre les recherches en cours sur la grande sculpture qui occupera Martine pendant plus d’une année : M. Martin. Son projet est d’y intégrer un automate, comme un double animé de la sculpture en bois, qui sera entouré des rouages en mouvement de la sculpture.

Pour mieux connaître le sujet, Martine a exploré le monde des automates en visitant le Musée national de Monaco qui, à l’époque, hébergeait une collection de plus de 500 automates et poupées mécaniques du XIXe siècle, léguée par le petit fils de Madeleine de Galéa qui collectionnait les poupées anciennes. Deux ouvrages de référence complètent également ses connaissances : le livre « Les Automates » d’Éliane Maingot, publié par Hachette en 1959 et le catalogue du Musée national des techniques de Paris, « Automates et mécanismes à musique ». Ce dernier comporte de nombreux croquis de mécanismes intérieurs qui ont été fort utiles à Martine pour mettre au point celui de son automate.

L’Automate décrit une mécanique qui, malheureusement, ne fonctionne pas, mais qui comporte des points de ressemblance avec le mécanisme final. Celui qu’elle veut réaliser aura pour tâche de faire bouger la tête et les deux bras d’un bruyant casseur de montres armé de deux marteaux en métal.

Martine n’achèvera pas ce petit tableau qui est assez éloigné du projet final. Mais, comme tout travail préparatoire, il montre la réflexion qui mène l’artiste à son œuvre finale.