La Clinique des poupées
1971

Martine Doytier, « La Clinique des poupées », 1971, huile sur toile, 73 x 92 cm.
Galerie Ferrero, Nice. Inv. MD14.

C’est une photographie de La Clinique des poupées que Martine Doytier avait choisi de faire figurer sur la couverture de l’invitation au vernissage de sa première exposition qui eût lieu à la galerie Art’O de Flayosc, le 5 décembre 1971.

Martine jugeait sans doute cette œuvre comme la plus représentative de son style pictural naissant et le plus abouti des dix-huit tableaux peints pendant cette première année. Il souligne l’importance qu’elle donnait au traitement du visage de ses personnages et en marque son évolution. Martine a beaucoup travaillé ces visages et avec La Clinique des poupées, elle multiplie ce sujet à l’envi, ces poupées étant prétextes à créer un catalogue de visages et d’expressions.

Martine prend du plaisir à remplir les étagères de petites têtes de celluloïd ou de porcelaine. Derrière la dame au tablier, les poupées sont plus détaillées, leurs costumes sont peints avec soin. Au mur, de petits corps sans tête et des membres isolés sont suspendus et attendent leur tour. Bien que l’espace du magasin soit traité en aplats, une perspective commence à se préciser. Le sol aux grands carreaux noirs et blancs dessine la profondeur de l’espace et le camaïeu de gris confère à l’ensemble un aspect général un peu métallique.

Le visage de la dame est calme et pensif, il est traité avec soin, son inclinaison est juste et montre l’attention portée au travail en cours. Aucun sourire ne l’anime car dès les premiers tableaux de Martine, on avait compris qu’elle ne laisserait pas sourire ses personnages. Et, à part quelques rarissimes exceptions, elle ne dérogera jamais à cette règle.